Le Nexus — NXS-2026-004

La gravité : 70 théories et aucune certitude

L'électromagnétisme a un cadre. La thermodynamique a un cadre. La mécanique quantique a un cadre. La gravité en a soixante-dix. Qu'est-ce que cela signifie ?

Auteur
Terre Étendue Islam
Date
Avril 2026 — v1.0
Lecture
~30 min
Domaine
Critique scientifique · Épistémologie

01 Introduction : une crise que personne ne nomme

La catégorie « Theories of gravity » de Wikipedia recense plus de soixante-dix théories gravitationnelles distinctes publiées dans des revues à comité de lecture. L'électromagnétisme fonctionne depuis 160 ans avec les équations de Maxwell. La thermodynamique repose sur quatre lois. La mécanique quantique a un cadre standard. La gravité, elle, a soixante-dix modèles contradictoires qui coexistent.

Cette prolifération est généralement présentée comme témoignant de la « richesse de la recherche ». La présente analyse propose une lecture différente : selon les critères épistémologiques de Thomas Kuhn, cette multiplication de modèles contradictoires constitue le symptôme caractéristique d'une crise paradigmatique — un paradigme dominant qui accumule les anomalies sans pouvoir les résoudre dans un cadre unifié.

02 Fait observable vs interprétation théorique

Les observations directement vérifiables — les corps denses descendent, les moins denses montent, les astres suivent des trajectoires régulières — sont des faits empiriques indépendants de toute théorie. L'explication par une « force gravitationnelle » est une construction théorique : personne n'a jamais observé cette force directement. Elle est inférée à partir du mouvement observé.

« C'est l'un des plus grands mystères de la physique que la gravité ait une description mathématique aussi simple, et que pourtant personne n'ait la moindre idée du mécanisme par lequel elle opère. » — Richard Feynman (Prix Nobel 1965), Feynman Lectures on Gravitation, 1995

Le problème conceptuel identifié par Newton au XVIIᵉ siècle n'a pas été résolu au XXIᵉ — il a seulement été reformulé. Comme nous l'avons établi dans Pourquoi tout remettre en question, la distinction entre fait et interprétation est le fondement de toute analyse rigoureuse. La chute d'une pomme est un fait. L'appeler « gravité » est une interprétation. Thomas Kuhn identifie la multiplication de théories alternatives comme le symptôme d'une crise ; Imre Lakatos montre que l'accumulation d'hypothèses ad hoc signale un programme de recherche en déclin.

03 Newton n'a jamais dit que la gravité était une force

💡 En termes simples

On vous a appris à l'école : « Newton a découvert la force de gravité ». C'est faux. Newton lui-même a dit exactement le contraire. Il a décrit comment les objets bougent (avec une formule mathématique), mais il a explicitement refusé de dire pourquoi ils bougent. La « force gravitationnelle » que tout le monde lui attribue est une invention de ses successeurs — pas la sienne.

« Qu'un corps puisse agir sur un autre à distance à travers le vide, sans la médiation de quoi que ce soit d'autre, est pour moi une absurdité si grande que je crois qu'aucun homme ayant une faculté de penser compétente en matière philosophique ne peut jamais y tomber. » — Isaac Newton, Lettre à Richard Bentley, 25 février 1693

Cette lettre n'est pas un texte mineur — c'est Newton lui-même qui rejette catégoriquement l'idée que la matière puisse attirer d'autre matière à distance. Il qualifie cette idée d'« absurdité ». Pourtant, c'est exactement ce que les manuels scolaires lui attribuent depuis trois siècles.

« Hypotheses non fingo » — une déclaration méthodologique, pas rhétorique

Dans le Scholium Generale des Principia (3ᵉ édition, 1726), Newton écrit : « Je n'ai pas encore pu découvrir la cause de ces propriétés de la gravité à partir des phénomènes, et je ne forge pas d'hypothèses. » (Hypotheses non fingo.) Cette phrase n'est pas un ornement littéraire — c'est une déclaration méthodologique fondamentale. Pour Newton, la philosophie naturelle devait se fonder sur les phénomènes et les lois mathématiquement déduites, pas sur des entités spéculatives. Il considérait la cause de la gravité comme un problème situé en dehors des limites légitimes de la physique tant qu'elle ne pouvait être dérivée de l'expérience.

Newton a fourni un cadre mathématique décrivant comment les corps se déplacent sous attraction mutuelle — il est resté silencieux et sceptique quant à la cause physique de cette attraction. La distinction est cruciale : la gravité newtonienne est une force mathématique (une quantité décrivant comment les corps accélèrent), pas une explication physique de pourquoi ils le font.

Comment Newton a été « piégé » par ses successeurs

La transformation de l'agnosticisme prudent de Newton en doctrine selon laquelle il croyait que la gravité était une force physique réelle s'est produite après sa mort. Les historiens des sciences documentent cette séquence avec précision :

PériodeÉvénementCe qui change
1687–1727Newton vivantAgnosticisme méthodologique : « la cause m'est inconnue, je ne forge pas d'hypothèse »
~1730–1750Premiers newtoniens (Samuel Clarke et al.)Tentent de fournir les fondements métaphysiques que Newton avait intentionnellement refusés
XVIIIᵉ–XIXᵉ s.Auteurs de manuelsSimplifient la théorie newtonienne pour l'enseignement. Le refus de spéculer est remplacé par le récit d'une « force universelle découverte »
~1860+Maxwell et la physique classiqueL'identification de la gravité avec une force physique littérale devient standard, bien qu'elle contredise la position explicite de Newton
Ce que les académiques confirment : I. Bernard Cohen (Harvard) : « Newton n'a pas prétendu que la gravité était une force réelle dans la matière. » Andrew Janiak (Cambridge, 2008) : « Le traitement de la gravité par Newton est agnostique : il nie que la gravité soit un pouvoir réel inhérent aux corps. » E.J. Aiton (Isis, 1969) : « Pour Newton, la force gravitationnelle était un effet, pas une cause. » Richard Westfall (Cambridge, 1980) : « Newton a fermement refusé d'attribuer la gravité à une force inhérente à la matière. »

Newton et Einstein : même aveu, même impasse

Le contraste souvent enseigné — « Newton : gravité = force ; Einstein : gravité = courbure de l'espace-temps » — est historiquement trompeur. Newton n'a pas affirmé que la gravité était une force au sens causal. Einstein n'a pas nié l'attraction gravitationnelle au sens mathématique. Les deux hommes ont reconnu les limites de la connaissance humaine pour expliquer la cause sous-jacente des phénomènes gravitationnels. Newton s'est abstenu de spéculer ; Einstein a remplacé la question métaphysique par une interprétation géométrique. Mais ni l'un ni l'autre n'a prétendu savoir ce qu'est la gravité au sens ultime.

Einstein lui-même reconnaissait : « Newton était conscient de l'incohérence de l'action à distance. » (The Meaning of Relativity, 1950). La relativité générale remplace la force newtonienne par la courbure de l'espace-temps — reformulation géométriquement élégante qui ne résout pas le problème fondamental. L'analogie du trampoline, utilisée dans tous les manuels, illustre sa circularité : c'est la gravité elle-même qui tire la bille vers le bas du trampoline — l'analogie présuppose ce qu'elle est censée expliquer.

Ernst Mach : la critique qui a inspiré Einstein

Ernst Mach (1838–1916) a soumis les fondements de la mécanique newtonienne à une critique radicale. L'espace absolu de Newton — ce « réceptacle » fixe, infini et indépendant de la matière — est pour Mach une fiction métaphysique non observable. Si l'espace absolu existe mais ne peut être ni observé ni mesuré, en quoi diffère-t-il d'un concept purement spéculatif ? Le temps absolu, la géométrie euclidienne supposée universelle, l'existence de corps parfaitement rigides — toutes ces prémisses newtoniennes ont été contestées.

Einstein reconnaissait explicitement l'influence de Mach sur le développement de la relativité. Mais l'ironie est que la relativité générale, tout en résolvant certains problèmes newtoniens, en crée de nouveaux : elle remplace l'espace absolu par un espace-temps déformable dont la nature physique reste indéterminée.

04 La constante G : 1 400 fois moins précise que ses sœurs

ConstanteIncertitude relativeDomaine
Charge de l'électron (e)~1,6 × 10⁻⁸Électromagnétisme
Constante de Planck (h)~1,2 × 10⁻⁸Mécanique quantique
Constante gravitationnelle (G)~2,2 × 10⁻⁵Gravitation

L'expérience de Cavendish (1798) : ce qu'elle mesure vraiment

Toute la connaissance de G repose, à l'origine, sur une seule expérience : celle de Henry Cavendish en 1798. Le dispositif est une balance de torsion : deux petites sphères de plomb (~0,73 kg) sont fixées aux extrémités d'une barre horizontale suspendue à un fil très fin. Deux grosses sphères de plomb (~158 kg) sont approchées. L'attraction supposée entre les masses provoque une torsion du fil — mesurée par le déplacement d'un faisceau lumineux réfléchi sur un miroir.

💡 En termes simples

Imaginez un fil accroché au plafond avec une barre horizontale au bout. Vous approchez deux boules de bowling des deux extrémités de la barre. L'idée est que les boules de bowling « attirent » les petites boules par la gravité, et que le fil tourne un tout petit peu. Ce « tout petit peu » est de l'ordre de 0,001 degré — un mouvement si infime qu'il est comparable aux vibrations du sol, aux courants d'air dans la pièce, aux différences de température entre les deux côtés de l'appareil, et aux charges électrostatiques sur les sphères. C'est sur cette mesure que repose toute la valeur de G.

Ce que Cavendish a réellement fait : Il n'a jamais prétendu « mesurer G ». Son objectif déclaré était de « peser la Terre » — c'est-à-dire d'estimer la densité moyenne de la Terre par rapport à l'eau. La constante G n'a été extraite de ses données que rétrospectivement, par des physiciens ultérieurs.

Les problèmes fondamentaux de l'expérience :

Cinq failles méthodologiques

1. Sensibilité extrême : La torsion mesurée (~4 mm de déplacement à 1 m de distance) est du même ordre de grandeur que les perturbations thermiques, sismiques et électrostatiques de l'appareil.

2. Forces électrostatiques : Deux sphères métalliques à quelques centimètres de distance dans un air sec développent des charges de surface — la force de Coulomb entre ces charges peut être du même ordre que le signal « gravitationnel » attendu.

3. Gradients thermiques : La masse de 158 kg de plomb, plus chaude ou plus froide que l'air ambiant de seulement 0,1°C, crée des courants de convection suffisants pour perturber la mesure.

4. Non-reproductibilité : Les tentatives modernes de reproduire l'expérience de Cavendish donnent des résultats incompatibles à 5σ — exactement le problème décrit ci-dessous.

5. Circularité : Pour isoler le signal gravitationnel des perturbations, il faut d'abord savoir quelle est la valeur attendue de G — ce qui suppose que la gravité newtonienne est correcte. L'expérience présuppose ce qu'elle est censée prouver.

De Cavendish à aujourd'hui : 226 ans d'incohérence

💡 En termes simples

En physique, « 5σ » (cinq sigma) signifie que la probabilité que l'écart entre deux mesures soit dû au hasard est inférieure à 1 sur 3,5 millions. C'est le seuil au-delà duquel les physiciens considèrent qu'il y a un vrai problème — pas un accident statistique. Quand deux laboratoires mesurent la même chose et obtiennent des résultats incompatibles à 5σ, c'est comme si deux mètres ruban donnaient des longueurs différentes pour la même table. On ne parle pas d'un léger écart de mesure — on parle d'une incohérence fondamentale.

La constante G est 1 400 fois moins précise que les constantes électromagnétiques. En 2014, le PTB (Allemagne) et le NIST (États-Unis) publient des mesures de G incompatibles à — seuil au-delà duquel la physique parle de « découverte », la probabilité d'écart fortuit étant inférieure à 0,00003%. Le CODATA a dû doubler l'incertitude déclarée — fait sans précédent dans l'histoire de la métrologie fondamentale.

Si G mesurait une force fondamentale réellement universelle, sa valeur devrait converger avec la précision des méthodes — comme c'est le cas pour les constantes électromagnétiques. L'instabilité persistante de G suggère soit un problème de mesure non identifié, soit une réalité plus complexe que le modèle ne le prévoit.

05 Anomalies empiriques non résolues

L'anomalie Pioneer : 30 ans de mystère

Les sondes Pioneer 10 (1972) et Pioneer 11 (1973) ont subi une décélération anormale de (8,74 ± 1,33) × 10⁻¹⁰ m/s², dirigée vers le Soleil, mesurée sur plus de 30 ans. Une explication partielle par pression de radiation thermique asymétrique a été proposée en 2012, ne rendant compte que d'une fraction de l'anomalie.

Les anomalies Flyby : six survols, six mystères

SondeAnnéeAnomalie (mm/s)
Galileo (1ᵉʳ survol)1990+3,92
Galileo (2ᵉ survol)1992−4,60
NEAR1998+13,46
Cassini1999−2,00
Rosetta2005+1,82
MESSENGER2005−0,02

Ces six survols terrestres documentés présentent des variations d'énergie inexpliquées. Le modèle gravitationnel ne prédit pas exactement l'énergie de sondes dont la masse, la forme et la vitesse sont parfaitement connues.

L'anomalie Allais : quand la Lune dérange le pendule

En 1954, Maurice Allais (futur Prix Nobel d'économie 1988, également physicien expérimental) documente des anomalies du pendule de Foucault lors d'éclipses solaires : le plan d'oscillation dévie de manière inexplicable pendant l'éclipse, puis revient à son comportement normal. Observations publiées dans les Comptes Rendus de l'Académie des Sciences (245, 2001–2003) et partiellement reproduites lors d'éclipses ultérieures.

Si la gravité est une propriété géométrique de l'espace-temps, un corps (la Lune) passant devant un autre (le Soleil) ne devrait pas modifier le comportement d'un pendule au-delà des effets de marée calculables. Or les effets de marée ne rendent pas compte de l'amplitude observée. L'anomalie Allais reste un fait documenté non résolu.

06 Un univers à 95% hypothétique

Composition du modèle standard (Λ-CDM)

Matière ordinaire : ~5% — seule composante directement observable.

Matière noire : ~27% — jamais détectée malgré des décennies de recherche (LUX, XENON1T, CDMS, PandaX, LHC : tous résultats négatifs).

Énergie noire : ~68% — nature totalement inconnue. Sa constance est remise en question par les données DESI 2024.

Le modèle standard de la cosmologie repose à 95% sur des entités hypothétiques que personne n'a jamais détectées. La prédiction théorique de la constante cosmologique Λ diverge de la valeur observée d'un facteur de 10¹²⁰ — qualifiée par les physiciens eux-mêmes de « pire prédiction de l'histoire de la physique ».

Le modèle Λ-CDM prédit environ dix fois plus de galaxies satellites autour de la Voie Lactée qu'on n'en observe réellement (Missing Satellites Problem). La tension de Hubble (~5σ entre les mesures locales et celles du fond diffus cosmologique) persiste depuis des décennies et se renforce à mesure que les mesures se précisent. Les résultats préliminaires du DESI (2024) suggèrent que l'énergie noire pourrait ne pas être constante — ce qui invaliderait la composante Λ du modèle.

Instabilité structurelle : Même les entités hypothétiques postulées pour sauver le modèle voient leurs propriétés fondamentales remises en question. Il ne s'agit plus d'affiner un modèle solide — il s'agit de réviser ses hypothèses de base.

07 L'alternative oubliée : densité et principe d'Archimède

Bien avant Newton, le monde fonctionnait avec une explication plus simple : les corps descendent parce qu'ils sont plus denses que le milieu qui les entoure, et montent parce qu'ils sont moins denses. C'est le principe d'Archimède (IIIᵉ siècle av. J.-C.) — antérieur de deux millénaires à la « découverte » de la gravité.

La densité en action : exemples concrets

Ballon d'hélium : moins dense que l'air environnant → il monte. Pas besoin d'« anti-gravité » — la différence de densité suffit.

Sous-marin : en modifiant sa densité (ballasts), il monte ou descend dans l'eau. La « gravité » n'a pas changé — seule la densité relative a changé.

Huile sur l'eau : l'huile flotte non pas parce qu'elle « résiste à la gravité », mais parce qu'elle est moins dense que l'eau. Stratification naturelle par densité.

Chute d'une pierre : la pierre est plus dense que l'air → elle descend. Dans un milieu plus dense qu'elle (mercure), la même pierre flotte.

Ce cadre explique naturellement un fait que la gravité newtonienne ne prévoit pas : il existe un vrai haut et un vrai bas. Les corps légers montent, les corps lourds descendent — toujours dans la même direction. Sur un globe en rotation, le « bas » devrait pointer vers le centre géométrique de la sphère en tout point, ce qui crée des paradoxes avec le comportement réel de l'eau (qui maintient toujours son niveau, comme documenté dans L'eau ne ment pas).

Limite explicitement reconnue : L'explication par la densité ne rend pas compte de manière pleinement satisfaisante de la chute libre dans le vide. Trois nuances s'appliquent : (a) le vide parfait n'existe pas expérimentalement (~10⁻¹² Pa), (b) l'expérience n'est réalisée qu'à petite échelle, (c) des champs électrostatiques résiduels existent dans toute chambre à vide. Ces nuances n'éliminent pas la difficulté — qui est reconnue.

08 LIGO : une détection contestée de l'intérieur

Le 11 février 2016, la collaboration LIGO-Virgo annonce la détection des ondes gravitationnelles — confirmant, selon elle, une prédiction centenaire d'Einstein. Le Prix Nobel de Physique est décerné en 2017. Mais derrière le triomphe médiatique, des critiques fondamentales ont été publiées par des physiciens travaillant dans des institutions de premier plan.

Les injections fantômes. Jonah Kanner et Alan Weinstein — chercheur senior et professeur au laboratoire LIGO de Caltech — décrivent dans Wired (2016) comment la collaboration pratiquait intentionnellement des injections de faux signaux dans ses propres données, à l'insu de la majorité des chercheurs participants. Le but déclaré : « tester la capacité de la collaboration à identifier un vrai signal ». Le problème : si la collaboration ne peut pas distinguer ses propres faux signaux de vrais signaux, comment peut-elle distinguer un vrai signal du bruit instrumental ?

La corrélation instrumentale. En juin 2017, des physiciens du Niels Bohr Institute de Copenhague (Creswell et al.) publient dans le Journal of Cosmology and Astroparticle Physics une analyse démontrant une corrélation résiduelle significative entre les données des deux détecteurs (Hanford et Livingston), même après soustraction du signal. Cette corrélation suggère que le « signal » pourrait être un artefact instrumental partagé.

Absence de reproduction indépendante. En science expérimentale, une découverte n'est validée que lorsqu'elle est reproduite par un instrument indépendant. Le détecteur Virgo (Italie) n'a confirmé aucune des premières détections de LIGO. Les détections « conjointes » ultérieures reposent sur des analyses statistiques de corrélation — pas sur des détections indépendantes au sens strict.

Les trous noirs : ce qu'Einstein a prouvé en 1939

Les trous noirs sont présentés comme une conséquence inévitable de la relativité générale. Or Einstein lui-même a publié en 1939 dans les Annals of Mathematics (vol. 40, n°4) un article démontrant que les trous noirs sont physiquement impossibles. Sa conclusion : les particules atteindraient la vitesse de la lumière avant d'atteindre le rayon de Schwarzschild — ce qui est interdit par la relativité elle-même.

L'ironie historique : L'homme dont la théorie est censée prédire les trous noirs a lui-même démontré qu'ils ne peuvent pas exister. Cette démonstration, publiée dans une revue de premier plan, est citée dans les bases académiques mais systématiquement ignorée dans l'enseignement. Le physicien Eric J. Lerner documente comment la communauté a contourné la démonstration d'Einstein en invoquant des conditions « dynamiques » non couvertes par son article — un raisonnement circulaire.

09 La cosmologie plasma d'Alfvén

Hannes Alfvén (1908–1995), Prix Nobel de physique 1970 et fondateur de la magnétohydrodynamique (MHD), a développé dans Cosmic Plasma (1981) une cosmologie où les forces électromagnétiques — et non la gravité — dominent la structure à grande échelle de l'univers. Le plasma constitue environ 99% de la matière baryonique visible. Les courants de Birkeland, prédits par Alfvén, ont été confirmés par les satellites Triad dans les années 1970.

La cosmologie plasma offre des explications alternatives pour plusieurs phénomènes : les courbes de rotation des galaxies (courants de Birkeland et forces magnétiques, sans matière noire), la structure filamentaire de l'univers (filaments de plasma directement observés), la formation stellaire (pincement magnétique z-pinch), les jets de galaxies actives (mécanismes électromagnétiques sans singularité).

Son avantage principal : elle ne requiert aucune entité non détectée. Tout repose sur de la matière directement observable et des forces expérimentalement vérifiées.

09 Conclusion : ce que la crise révèle

Le paradigme gravitationnel accumule des anomalies convergentes : une constante fondamentale instable et incompatible entre laboratoires à 5σ ; plus de 70 théories contradictoires coexistantes ; des anomalies empiriques non résolues depuis des décennies (Pioneer, Flyby, Allais) ; un modèle cosmologique dépendant à 95% d'entités hypothétiques jamais détectées ; une tension de Hubble à 5σ ; et un malaise conceptuel persistant de Newton à Feynman.

AxeIndicateur de crise
MétrologiqueG instable, 1 400× moins précise, incompatibilité 5σ PTB/NIST
EmpiriqueAnomalies Pioneer, Flyby ×6, Allais, Missing Satellites
CosmologiqueTension Hubble 5σ, 95% hypothétique, DESI 2024
Théorique70+ théories, zéro prédiction testable des cordes en 50 ans
InstitutionnelMécanisme de filtrage documenté (Smolin, Loeb)

La science authentique exige de distinguer ce qui est observé de ce qui est postulé, et de rester ouverte aux alternatives sérieuses lorsque le paradigme dominant accumule les anomalies. La densité et le principe d'Archimède, la cosmologie plasma d'Alfvén, et la rigueur épistémologique de Popper, Kuhn et Lakatos nous rappellent qu'un paradigme en crise n'est pas une vérité éternelle — c'est une hypothèse qui attend d'être remplacée.

08 Les distances cosmologiques : des inférences, pas des mesures

Les distances aux objets extragalactiques sont couramment présentées comme des mesures empiriques. En réalité, ces distances ne sont pas des mesures au sens épistémologique strict, mais des estimations par inférence qui dépendent d'hypothèses superposées, de chaînes de calibration et de modèles théoriques.

La parallaxe : la seule vraie mesure — et ses limites

La parallaxe trigonométrique est la seule méthode qui s'approche d'une mesure géométrique directe. Mais elle ne fonctionne de manière fiable que pour les étoiles les plus proches — et elle postule le mouvement orbital de la Terre comme base de mesure. Si la Terre ne se déplace pas, la base de mesure n'existe pas, et les distances sont sans fondement. L'argument est circulaire : on suppose l'orbite pour mesurer la parallaxe, puis on dit que la parallaxe prouve l'orbite.

L'échelle des distances : une chaîne d'hypothèses

Au-delà de la parallaxe, chaque méthode repose sur la précédente. Les céphéides sont calibrées par la parallaxe. Les supernovae Ia par les céphéides. Le redshift par les supernovae. Chaque maillon ajoute ses propres hypothèses. La tension H₀ (écart à 5σ entre les deux méthodes de mesure de la constante de Hubble) est la preuve directe que cette chaîne n'est pas cohérente.

Ce que cela signifie : Quand on dit « cette galaxie est à 13 milliards d'années-lumière », on infère une distance à partir d'un redshift, calibré par des supernovae, calibrées par des céphéides, calibrées par une parallaxe qui suppose le mouvement de la Terre. Ce n'est pas une mesure — c'est une cascade d'hypothèses dépendantes d'un modèle. (Voir aussi L1 — Le MGPP pour un cadre alternatif d'interprétation des distances.)

Références

  1. Anderson, J.D. et al. (2002). « Study of the anomalous acceleration of Pioneer 10 and 11 ». Physical Review D, 65, 082004.
  2. Anderson, J.D. et al. (2008). « Anomalous Orbital-Energy Changes during Spacecraft Flybys of Earth ». Physical Review Letters, 100, 091102.
  3. Schlamminger, S. et al. (2014). « Measurement of Newton's gravitational constant ». Physical Review Letters, 112, 121102.
  4. Allais, M. (1954). « Mouvements du pendule paraconique et éclipse totale de Soleil ». Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 245, 2001–2003.
  5. Klypin, A. et al. (1999). « Where Are the Missing Galactic Satellites? ». Astrophysical Journal, 522, 82–92.
  6. Riess, A.G. et al. (2022). « A Comprehensive Measurement of the Local Value of H₀ ». ApJ Letters, 934, L7.
  7. DESI Collaboration (2024). « Cosmological Constraints from BAO ». Prépublication arXiv.
  8. Alfvén, H. (1981). Cosmic Plasma. Dordrecht : D. Reidel.
  9. Feynman, R.P. (1995). Feynman Lectures on Gravitation. Addison-Wesley.
  10. Smolin, L. (2006). The Trouble with Physics. Houghton Mifflin.
  11. Loeb, A. (2021). Extraterrestrial. Houghton Mifflin Harcourt.
  12. Newton, I. (1693). Lettre à Richard Bentley, 25 février. Archives Trinity College, Cambridge.
  13. Mach, E. (1883). Die Mechanik in ihrer Entwicklung. Trad. fr. : La Mécanique, Hermann, 1904.
  14. Creswell, J. et al. (2017). « On the time lags of the LIGO signals ». JCAP, 2017(08), 013.
  15. Kuhn, T.S. (1962). The Structure of Scientific Revolutions. University of Chicago Press.
  16. Lakatos, I. (1978). The Methodology of Scientific Research Programmes. Cambridge University Press.